Histoire du Qi Gong avec les artistes

. Pendant cette période très riche, plusieurs artistes et poètes, qui fréquentaient ces médecins, taoïstes, bouddhistes, pratiquent aussi les méthodes énergétiques. Ils développent leur créativité et leur inspiration. Il n’y a pas alors de séparation rigide entre taoïstes, bouddhistes, poètes, médecins. Ils représentent chacun un aspect de la civilisation, elle-même constituée de la réunion de plusieurs influences courants de pensée.

- Wang Wei, au 8ème siècle, poète, peintre, Maître de Qi Gong taoïste, développe beaucoup de méthodes énergétiques dans ses oeuvres. Pour lui, la pratique du Qi Gong renforce la capacité de création. Il s’est converti au bouddhisme Chan versla fin de sa vie.

- Bai Ju Yi, un des trois grands poètes de la dynastie des Tang, avec Tu Fu et Li Bai. Tous trois pratiquaient le Qi Gong. Bai Chu Yi, du fait d’une maladie grave dans la jeunesse, a réussi, grâce aux exercices énergétiques, non seulement à se guérir, mais à éveiller toute sa création poétique. Il consacrera sa vie à la poésie, à la joie partagée avec les amis, aux pratiques de santé du corps et à la méditation.

 

La méditation assise, concentrée sur “ le vide ”, est le pour lui meilleur moyen de chasser les soucis du monde.

« Assis dans la cour derrière le temple, contemplant le paysage du printemps.

Au commencement, les yeux troublés, les images confuses.

Les pensées chassées, le coeur s’installe au centre. L’esprit calme. Dans le vide j’oublie les 10 000 soucis. La paix profonde du coeur, aucune parole ne peut la décrire. La méditation de l’éveil : Assis, tourné vers le vide. Différentes formes, même but ».

Il dit aussi:

« Le corps est le meilleur médecin. Le coeur est le meilleur médicament ».

Au 11ème siècle les confucianistes développent la méthode “ Jing Zhuo ”, de “ relaxation assise ”. Pour eux, au delà des désirs humains, il existe une loi céleste immuable. Pour la manifester, il faut enlever les désirs de l’être. Le “ Jing Zhuo ” est une méthode pour réaliser ce principe.

 

Ce n’est donc pas une simple pratique du Qi Gong, mais aussi une philosophie complète selon laquelle l’être individuel doit se réduire pour s’adapter à la loi céleste universelle. Elle a de nombreux points communs avec la philosophie taoïste, mais ici, l’humanisme domine la construction de l’être, alors que dans le taoïsme, le principe universel domine l’humain, qui n’est qu’un passage provisoire dans le monde manifesté.

 

La méthode confucianiste va beaucoup influencer les milieux intellectuels de Chine, jusqu’au début du 20ème siècle où des formes de pratique du “ Jing Zhuo ” sont développées par Maître Jian Wei Qiao. Celui-ci essaye de rapprocher la conception confucianiste avec les connaissances modernes de physiologie et de psychologie venues d’Europe.

. Un grand écrivain de la dynastie des Song du Nord(11ème siècle), Su Tong Po, a pratiqué beaucoup de styles différents de QI Gong. D’après lui, dans les pratiques pour préserver la santé (Yangsheng), la méthode de respiration embryonnaireest la plus importante. Il a fait progresser la théorie que Sun Si Miao avait énoncée sur cette pratique. Il crée de nouvelles méthodes dérivées de la concentration sur le UN et des méthodes médicales utilisant les respirations spéciales (avec rétention d’air).

. Lu You, un autre poète du 12ème siècle, pratiquant le Qi Gong des 5 animaux, est aussi un grand spécialiste de la respiration de l’alchimie interne:

« Le coeur calme, comme le lac dans l’air immobile. Bloquant ma respiration, jusqu’à 1000. Je m’éveille au milieu de la nuit: Au-dessus de la grande vague, le soleil se lève ».

Il utilise également une forme de respiration dite “ respiration de la tortue ”. C’est une méthode de respiration très lente pour accroître la longévité (A l’image de la tortue qui peut vivre centenaire).Il parle de la santé procurée par les exercices énergétiques: « A 60 ans, je monte seul dans la haute montagne. Quel plaisir, sentant la vigueur de mon corps. A près de 90 ans, j’ai lu 10 000 livres, ma vue reste toujours lumineuse ».